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Le CIFOR en un coup d’œil
Une vision plus large des forêts
Entretien avec le Directeur général
Les forêts en tant que ressources mondiales
Recherche sur des questions forestières nationales et régionales
De la pauvreté au pouvoir : améliorer les conditions de vie et l’administration locale
Vision d’ensemble : l’aménagement forestier intégré et durable
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Logiciels novateurs d’évaluation forestière mis à jour

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Promotion des plantations forestières tropicales à fins multiples

bullet.gif (105 bytes) Il faut une recherche plus globale pour résoudre les problèmes des ressources naturelles
bullet.gif (105 bytes) Recherche sur l’aménagement intégré des ressources: de quoi s’agit-il ?
bullet.gif (105 bytes) FLORES: du laboratoire au terrain
De nouvelles techniques mises à l’épreuve : la Forêt de recherche de Bulungan à Bornéo
Le peuple de la forêt : les Punan du fleuve Malinau
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Vision d’ensemble: l’aménagement forestier intégré et durable

Un des grands problèmes posés aux gestionnaires forestiers et aux planifi-cateurs de l’utilisation des sols est de mieux appréhender les interactions entre population, forêts et autres ressources naturelles, pour servir de base à des décisions plus équitables et rationnelles écologiquement.

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Logiciels novateurs d’évaluation forestière mis à jour

Comment faire passer l’aménagement forestier rationnel d’un concept confus à la réalité ? Le CIFOR aide à répondre à cette question grâce à son travail novateur sur les “critères et indicateurs” (C & I). Le Manuel des critères et indicateurs (“C & I Toolbox”), lancé en 1999, a fourni le premier ensemble pratique et complet de matériels pour aider au développement de critères et indicateurs pour l’aménagement forestier.

Cette panoplie fait l’objet d’une forte demande. La parution d’une nouvelle version d’emploi plus facile du logiciel de base, CIMAT II, en octobre 2000, rendra les matériaux pour l’élaboration de critères et indicateurs encore plus accessibles. CIMAT est le sigle de “Criteria and Indicators Modification and Adaptation Tool” (Outil de modification et adaptation de critères et indicateurs). Il consiste en un CD-ROM présentant un “canevas” de base et des instructions pas à pas pour créer des critères et indicateurs adaptés à une forêt donnée. Dans les deux mois suivant sa sortie, CIMAT II avait déjà été distribué à des utilisateurs dans 26 pays.

Les critères et indicateurs constituent des orientations de référence, des conditions biophysiques et des pratiques de gestion qui fournissent une base pour déterminer si une forêt donnée a des chances de survivre à long terme dans les conditions actuelles d’utilisation. Les critères et indicateurs permettent d’évaluer quantitativement les changements dans le temps, en repérant les problèmes réels ou potentiels qui demandent attention. Une altération de la qualité des eaux ou un déclin des populations d’essences clefs, par exemple, peuvent signaler un sérieux dommage écologique.

Le CIMAT a été élaboré à l’intention d’une diversité d’utilisateurs – organismes de certification, administrations publiques, gestionnaires forestiers, donateurs, directeurs de projet, chercheurs, citoyens et toutes personnes s’intéressant à l’aménagement forestier. Le Programme du CIFOR sur la Cogestion adaptative utilise une version simplifiée de critères et indicateurs dans nombre des méthodes mises au point pour renforcer la participation locale à l’aménagement forestier.

Des versions en anglais et en indonésien de CIMAT II sont disponibles, et des éditions dans d’autres langues sont prévues. Une caractéristique particulièrement novatrice de ce logiciel est son aptitude à produire des jeux de critères et indicateurs “sur mesure” adaptés à différents types de forêts. Un utilisateur peut partir d’un quelconque des divers ensembles de critères et indicateurs mis au point depuis quelques années par diverses organisations, dont un ensemble “générique” du CIFOR, et le modifier en fonction des conditions et des priorités locales.

Parmi les utilisateurs vivement intéressés aux productions du CIFOR en matière de critères et indicateurs figure par exemple l’Organisation africaine des bois (OAB). Les pays membres se sont réunis en décembre pour examiner les progrès et planifier les prochaines étapes dans les efforts de l’OAB pour produire un ensemble de critères et indicateurs qui puisse guider l’aménagement des forêts en Afrique et éventuellement fournir la base d’un système pan-africain de certification.

Ravi Prabhu et autres spécialistes des critères et indicateurs au CIFOR travaillent également avec d’autres organisations et un certain nombre de gouvernements pour élaborer et tester des ensembles de critères et indicateurs appropriés pour une diversité de types de forêts.

 

Promotion des plantations forestières tropicales à fins multiples

Les plantations à grande échelle se sont rapidement développées dans le Sud-Est asiatique depuis une quinzaine d’années, du fait que l’exploitation forestière et les défrichements ont entraîné un épuisement des forêts naturelles, jadis seule source de bois dans la région pour l’industrie. Un certain nombre d’obstacles doivent être surmontés, cependant, pour faire des forêts artificielles dans les tropiques une spéculation stable et attrayante pour les investisseurs.

Certaines des containtes procèdent de problèmes biophysiques tels que pauvreté des sols en éléments nutritifs, et nécessité de restaurer les sols dégradés pour rétablir leur productivité. Le Programme de plantations forestières du CIFOR conduit un large éventail de recherches pour résoudre de tels problèmes techniques. Il est tout aussi important de s’intéresser aux facteurs sociaux et écologiques associés à l’expansion des reboisements, tels que conflits entre entreprises et communautés locales au sujet de l’accès au sol.

Un élément de la recherche est l’étude de moyens pour rendre les plantations tropicales mutuellement acceptables par les diverses parties concernées – les entreprises, qui ont besoin d’un approvisionnement régulier en bois; les communautés locales, dont les membres veulent avoir accès aux sols et aux ressources forestières nécessaires pour leurs moyens d’existence; les gouvernements et les groupes de défense de la nature, qui cherchent un remède à la destruction continue des forêts naturelles.

Dans la province de Riau (Sumatra), le CIFOR et l’Université agronomique de Bogor travaillent avec une grande société de reboisement, PT Riau Andalan Pulp and Paper, pour étudier des formules d’aménagement qui répondent simultanément aux objectifs de production ligneuse, de bénéfices économiques locaux et de protection de la flore et de la faune locales, telles que populations menacées d’éléphants et de diverses espèces de primates.

Les reboiseurs d’Indonésie sont tenus de mettre en réserve 15 pour cent de leurs concessions comme aires de conservation ou couloirs. Cependant cela ne permet qu’une action très limitée de conservation de la biodiversité. Il s’ajoute à ce problème que la population locale – évincée des zones de plantation et ne se voyant pas offrir d’emplois par la société de reboisement – abat des arbres dans les aires de conservation et couloirs, et dégrade ainsi les habitats de la faune sauvage.

La modélisation de la dynamique des systèmes et autres instruments ont été suggérés comme moyens pour planifier et aménager les couloirs de faune en vue de réduire les abattages illicites tout en permettant à la population locale de récolter du bois de feu, des plantes médicinales et autres produits forestiers pour assurer leurs moyens de subsistance. Les études ont également démontré que les efforts de conservation pourraient être renforcés à faible coût marginal pour les reboiseurs.

Dans un autre courant de recherches sur le reboisement, le CIFOR poursuit son travail de définition de critères et indicateurs efficaces pour apprécier le degré de durabilité des plantations forestières. Ce travail s'inspire des critères et indicateurs mis au point par le CIFOR pour les forêts naturelles et les forêts gérées par les communautés, qui font maintenant autorité. En 2000 s'est achevé un projet de trois ans de mise au point et tests de critères et indicateurs dans des forêts artificielles en Inde et en Indonésie, et les résultats des deux études de cas ont été publiés à la fin de l’année.

Le programme a également progressé en 2000 dans un projet dont l’objectif final est de maximiser la production de bois ronds par des petits agriculteurs pour alimenter l’industrie. En raison de la forte compétition pour la terre dans le Sud-Est asiatique et dans d’autres régions  tropicales, un intérêt croissant se manifeste pour l’installation de petites plantations forestières sur des terrains agricoles marginaux. Par une série d’études de cas dn Indonésie, en Malaisie et aux Philippines, le CIFOR et plusieurs partenaires de recherche étudient les conditions et les types de partenariat nécessaires pour accroître l’appui à une telle approche. Un rapport sur les conclusions préliminaires de ce travail était en préparation à la fin de l’année.

Il faut une recherche plus globale pour résoudre les problèmes des ressources naturelles

A mesure que la société et la communauté scientifique reconnaissent davantage la nécessité d’un équilibre entre une production agricole améliorée et la conservation de l’environnement, il y a une demande croissante d’approches plus intégrées de l’aménagement des ressources naturelles. Le CIFOR est en tête des efforts menés pour mieux définir l’aménagement intégré des ressources naturelles et pour inscrire les approches de cet aménagement dans les programmes de recherches du GCRAI.

En août 2000, des représentants de la plupart des centres GCRAI et de plusieurs institutions partenaires se sont réunis au Centre international pour l’aménagement des ressources vivantes aquatiques à Penang (Malaisie) afin de considérer les moyens de mieux concilier les programmes de recherches du GCRAI avec l’aménagement intégré des ressources naturelles. Ce colloque faisait suite à un précédent qui s’est tenu en septembre 1999 aux Pays-Bas. Tous deux étaient organisés par le Directeur général du CIFOR, Jeffrey Sayer, sous le parrainage du Comité des directeurs de centres GCRAI.

Le premier colloque – première réunion du GCRAI sur la question – s’est conclu par une déclaration désignée sous le nom de “Consensus de Bilderberg”. Les participants y convenaient que cette approche est hautement appropriée pour combiner les importants efforts du GCRAI en matière d’amélioration des cultures agricoles avec la recherche plus large sur les systèmes agroécologiques.

L’aménagement intégré des ressources naturelles fonctionne d’une manière très analogue au “raisonnement par système” moderne. Il comporte une étude des interactions entre toutes les ressources naturelles dans un terroir donné – sols, eaux, ressources biologiques et atmosphériques – au lieu de chercher à traiter un problème spécifique isolé de son contexte plus large. En outre, l’aménagement intégré répond mieux aux perspectives sociales et culturelles que les approches de la recherche traditionnelle.

A Penang, les congressistes ont réalisé plusieurs importantes avancées conceptuelles. Parmi celles-ci, ils sont parvenus à une définition plus claire des approches de l’aménagement intégré des ressources naturelles, et ont conçu un cadre indiquant comment les effets de la recherche fondée sur l’aménagement intégré pourraient être évalués. Les participants ont d’autre part examiné plusieurs études de cas en Asie, en Afrique et en Amérique Latine illustrant la manière dont plusieurs centres GCRAI emploient déjà les méthodes d’aménagement intégré des ressources naturelles pour traiter avec succès des problèmes concrets.

Dans le même temps, les chercheurs qui dirigent les programmes du GCRAI sur les ressources génétiques réfléchissent aux incidences des approches d’aménagement intégré des ressources sur la nature de leur travail d’amélioration et de conservation des patrimoines génétiques. En juin 2000, plusieurs dizaines de généticiens et de spécialistes des ressources naturelles se sont réunis au CIFOR pour en discuter. John Poulsen, du Programme de conservation de la biodiversité du CIFOR, a dirigé la planification de la réunion, qui était organisée dans le cadre du Programme sur les ressources génétiques à l’échelle du réseau GCRAI.

Les spécialistes de la génétique étudient la question pour une part parce que les parties de la Convention sur la diversité biologique, à leur cinquième réunion, ont approuvé une approche par écosystème de la conservation et de l’utilisation durable de la biodiversité. Pour jouer un rôle dans la mise en oeuvre de l’accord mondial sur la biodiversité, les centres GCRAI devront par conséquent poursuivre des approches intégrées et par écosystème de l’aménagement des ressources.

Lors de la réunion au CIFOR, les participants firent une incursion dans ce domaine en définissant les relations entre les questions de ressources génétiques et les autres aspects de la gestion des ressources naturelles.

Au sein du GCRAI, de plus en plus de personnes adoptent l’idée que l’aménagement intégré des ressources génétiques et celui des ressources naturelles en général devraient être liés, le second fournissant le cadre pour le premier. Le Groupe de travail du GCRAI sur l’aménagement intégré des ressources naturelles se réunira en 2001 à Cali (Colombie), au Centre international pour l’agriculture tropicale, en vue de discuter de cette question.

Recherche sur l’aménagement intégré des ressources: de quoi s’agit-il ?

Des représentants de centres GCRAI qui se sont réunis en août 2000 à Penang (Malaisie) ont défini l’aménagement intégré des ressources naturelles comme étant “un processus conscient d’incorporation des multiples aspects de l’utilisation des ressources naturelles dans un système d’aménagement durable en vue de répondre aux objectirfs explicites de production des agriculteurs et autres usagers (par exemple rentabilité, réduction des risques), ainsi que les objectifs de la communauté en général (pérennité des ressources).

Un rapport publié en octobre par le CIFOR, intitulé INRM Research in the CGIAR, 2000 (Recherche sur l’aménagement intégré des ressources naturelles au GCRAI en 2000), rapporte les phases marquantes de la réunion. Parmi les domaines d’intérêt, les participants reconnurent les caractéristiques suivantes de la recherche sur l’aménagement intégré des ressources naturelles :

·           Elle emploie des méthodes fondées sur les systèmes et axées sur les processus (plutôt qu’empiriques).

·           Elle travaille à des échelles multiples et met en jeu de multiples acteurs.

·           Elle traite les inévitables compromis entre divers choix d’aménagement des ressources.

·           Elle emploie de nouveaux instruments et de nouvelles méthodologies pour l’exécution et l’évaluation.

·           Elle est transposable à une plus grande échelle.

·           Elle conduit à des effets mesurables.

 

FLORES : du laboratoire au terrain

De nouveaux instruments et de nouvelles techniques sont nécessaires pour aider aux processus complexes de prise de décisions et de planification propres aux approches plus intégrées de l’aménagement des ressources naturelles. En 2000 le CIFOR a poursuivi le développement d’un tel instrument, un système de modélisation informatique baptisé FLORES, passant du laboratoire de recherche au terrain.

FLORES (Forest Land Oriented Resource Envisioning System = Système de prévision pour les ressources, adapté aux terres boisées) permet aux utilisateurs de simuler les scénarios qui ont des chances de se présenter à la suite de différents choix d’aménagement des ressources naturelles. Dans le cadre des études de terrain au Zimbabwe, les chercheurs ont été initiés au système, qui peut être modifié en fonction des conditions et des priorités locales. Ils se sont entraînés à l’appliquer à des problèmes réels de ressources naturelles. Plusieurs participants ont élaboré des systèmes analogues pour les besoins de leur propre travail. Un des chercheurs, par exemple, l’a rattaché à des efforts du WWF pour élaborer un modèle des ressources en bois de feu et autres sources possibles d’énergie domestique.

Ce travail de terrain a fourni une occasion de tester une nouvelle composante de FLORES destinée à aider à son adoption par des gens ayant peu ou pas d’expérience en modélisation. Nommée FLORES Adaptation and Calibration (Adaptation et étalonnage de FLORES), ou FLAC, c’est un logiciel d’appui qui enseigne aux utilisateurs les concepts qui sont à l’origine de FLORES, fondé sur la réflexion par systèmes, et la manière de l’adapter pour des situations et des besoins particuliers.

Ces progrès font suite à un certain nombre de modifications effectuées par l’équipe de conception en 2000. La plus grande partie du travail informatique sur FLORES est faite à l’Université d’Edimbourg par Mandy Haggith et Jasper Taylor. Laxman Joshi, du Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), dirige les tests sur le terrain et sur ordinateur, tandis qu’un groupement d’organisations de recherche-développement contribue également à la mise au point de FLORES. Le Département du Développement international du Royaume-Uni fournit l’essentiel du financement pour ce travail.

Initialement, l’équipe de conception avait cherché à élaborer la “meilleure représentation” d’un instrument de prise de décisions – s’inscrivant dans un cadre bien plus complexe de relations entre les hommes et le paysage qui les entoure. La mise à l’épreuve a montré, toutefois, que les gestionnaires des ressources préféraient une approche plus pragmatique et moins détaillée qui leur permette de s’axer plus directement sur des aspects critiques d’un problème de ressources particulier. Partant de cette constatation et d’autres, Robert Muetzelfeldt et ses collaborateurs ont adapté le logiciel de modélisation Simile sur lequel est fondé FLORES, et ont amélioré l’interface-utilisateur.

Des modèles de type FLORES sont également en cours d’élaboration en d’autres endroits, notamment au Cameroun, en Amérique Centrale et dans la Forêt de recherche de Bulungan en Indonésie. L’équipe du Zimbabwe travaille avec les villageois et les gestionnaires des ressources dans la région de Mafunagautsi, pour s’assurer que le contenu du modèle reflète bien les idées de la population locale.

 

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