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Message du President du Conceil d'administration
Le CIFOR en un coup d’œil
Une vision plus large des forêts
Entretien avec le Directeur général
Les forêts en tant que ressources mondiales
Recherche sur des questions forestières nationales et régionales
bullet.gif (105 bytes) De graves risques pour les forêts et les investisseurs dus au réseau confus de dettes des usines de pâte
bullet.gif (105 bytes) Renforcer la communauté de la recherche forestière en Indonésie
bullet.gif (105 bytes) Une étude sur les usines de pâte suscite un large intérêt
bullet.gif (105 bytes) La lutte contre les feux : nouvelles conceptions
bullet.gif (105 bytes) Un modèle pour l’utilisation durable des forêts de miombo
bullet.gif (105 bytes) Développement des capacités pour la gestion des forêts de miombo
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Des idées nouvelles sur les limites du pâturage

bullet.gif (105 bytes) En Chine, le bambou acquiert une importance croissante
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Amélioration des pratiques forestières en Amazonie brésilienne

bullet.gif (105 bytes) Autorités locales et gestion des forêts au Nicaragua
bullet.gif (105 bytes) La valeur de la biodiversité végétale
De la pauvreté au pouvoir : améliorer les conditions de vie et l’administration locale
Vision d’ensemble : l’aménagement forestier intégré et durable
De nouvelles techniques mises à l’épreuve : la Forêt de recherche de Bulungan à Bornéo
Le peuple de la forêt : les Punan du fleuve Malinau
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Recherche sur des questions forestières nationales et régionales

De nombreux pays ont des ressources insuffisantes pour s’attaquer à leurs problèmes forestiers. Le CIFOR et son vaste réseau de partenaires fournissent une large gamme d’appuis en matière de technique, de politique et de formation.

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Etude par pays : Indonésie

De graves risques pour les forêts et les investisseurs dus au réseau confus de dettes des usines de pâte

Jusqu’à la fin de la dernière décennie, le gouvernement indonésien a poussé pour faire du pays le premier producteur mondial de contreplaqué, aux dépens des forêts tropicales d’Indonésie de renommée mondiale. En 2000, une étude approfondie de Chris Barr, analyste de politiques du CIFOR, a révélé un autre mouvement aux incidences sérieuses. Les grandes sociétés de pâte et papier s’activent pour avoir accès à de vastes surfaces de forêt naturelle afin d’alimenter une expansion de leurs usines en Indonésie au cours de la décennie écoulée.

Le rapport rédigé par Barr, conjointement pour le CIFOR et pour le Programme  macroéconomique du WWF, montre qu’une poignée de grands groupes ont accru la capacité des usines de pâte et papier du pays de 700 pour cent depuis la fin des années 1980. Financée à hauteur de 12 milliards de dollars EU, sous forme de prêts directs et d’offres internationales d’obligations, cette croissance a propulsé l’Indonésie parmi les 10 premiers producteurs mondiaux de pâte et papier.

Ces groupes étaient prêts à accepter cette énorme dette et à jouer avec l’argent de leurs bailleurs de fonds, conclut Barr, parce que plusieurs facteurs rendaient leur propre risque financier relativement faible. Une grande part des prêts nationaux provenaient de banques qui étaient contrôlées par les groupes eux-mêmes, et étaient peu soumises à une surveillance. Le gouvernement subventionnait les usines directement en leur accordant un accès peu coûteux aux forêts naturelles, des allocations du Fonds forestier national et des prêts à faible taux d’intérêt des banques d’Etat. Et les banques internationales ne se sont pas suffisamment demandé où les entreprises pourraient se procurer les volumes de bois nécessaires pour faire fonctionner à long terme leurs usines au voisinage de leur capacité installée.

Pour appuyer leurs demandes, les producteurs de pâte et papier avaient déclaré qu’ils tireraient leur matière première de plantations rationnellement aménagées. Pourtant jusqu’à présent, a constaté Barr, 8 pour cent seulement du bois consommé par les usines provient de plantations forestières, le reste étant des bois feuillus mélangés provenant de forêts naturelles – dont pas moins de 40 pour cent proviendraient semble-t-il de sources non précisées et probablement illicites. Il estime que plus de 800 000 hectares de forêt naturelle ont été coupés à blanc depuis 1988 pour alimenter les usines de pâte d’Indonésie. Durant cette période, leur capacité totale de production est passée de 600 000 tonnes à plus de 5 millions de tonnes/an.

Bien que les producteurs de pâte commencent à mettre en production de vastes surfaces de plantations, Barr estime peu probable que les plus grandes usines d’Indonésie puissent tirer plus de la moitié environ de leurs approvisionnements en matière première de leurs plantations jusqu’à au moins 2007. En attendant, tandis que les industriels épuisent les ressources ligneuses disponibles autour de leur base à Sumatra, il se peut qu’ils regardent plus loin, vers les forêts du Kalimantan et de l’Irian Jaya (Nouvelle-Guinée) pour trouver leur matière première.

Ce qui place les enjeux encore plus haut pour les investisseurs industriels, c’est la crise économique en Indonésie, et les conflits croissants entre les industries de la pâte et les communautés locales sur les problèmes d’accès à la forêt et les préoccupations pour l’environnement. Une usine de pâte de 600 millions de $EU dans le nord de Sumatra, par exemple, est restée fermée pendant plus d’un an en raison de l’opposition de la communauté locale. Certaines des usines et des plantations de bois à pâte parmi les plus importantes ont été placées sous administration judiciaire de l’Agence indonésienne de restructuration bancaire en raison de leur lourd endettement. Barr déclare qu’il y a des indications selon lesquelles l’Agence pourrait effacer une part importante des dettes impayées, ce qui équivaudrait à une nouvelle subvention en argent.

Le rapport suggère un certain nombre de mesures que les organismes officiels et les institutions financières pourraient prendre pour replacer les industries de pâte et papier d’Indonésie sur une voie plus rationnelle, notamment :

·           Déclarer un moratoire temporaire sur une nouvelle expansion des installations industrielles.

·           Supprimer les subventions à l’approvisionnement en bois des industries de pâte et papier.

·           Porter une attention plus stricte de la part des institutions financières qui investissent dans de grands projets de pâte et papier.

 

Renforcer la communauté de la recherche forestière en Indonésie

L’Indonésie renferme des forêts renommées, possède une recherche méritoire et héberge le siège de deux importantes institutions internationales de recherche forestière – le CIFOR et le Bureau pour le Sud-Est asiatique du Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF). Pourquoi donc le pays n’a-t-il pas su mieux tirer avantage de ces atouts pour relier la recherche forestière à de meilleures pratiques sur le terrain ?

En mai, l’Agence indonésienne de recherche-développement forestière (FORDA) et le CIFOR ont organisé une réunion d’experts forestiers du gouvernement, d’universités et d’instituts de recherche du pays pour discuter de cette question et proposer des initiatives en vue d’améliorer la situation. Les participants reconnurent que le manque de coordination et de communication était un facteur majeur entravant l’impact potentiel de la communauté de la recherche forestière en Indonésie.

La recherche forestière menée en Indonésie couvre un vaste champ qui va de la recherche fondamentale à la recherche appliquée et à la recherche stratégique. Toute aussi vaste est la nature des problèmes forestiers qu'il faut traiter à divers niveaux : technique, social, économique, des politiques, et institutionnel. Ce programme très dispersé, fut-il admis, rend très difficile la fixation de priorités pour la recherche forestière, et la recherche d’un appui accru des donateurs.

Les participants conclurent que la recherche forestière en Indonésie devrait être plus étroitement associée aux décisions de politiques nationales, et à l’adoption des résultats sur le terrain. La FORDA a accepté de diriger les efforts en vue de faire évoluer la communauté de la recherche forestière dans cette direction. D’accord pour se réunir régulièrement, les participants s’engagèrent à améliorer les échanges d’information et à élargir le champ offert à des propositions de recherche et à leurs résultats.

Un autre domaine d’intérêt est d’accroître les possibilités de collaboration scientifique. Le CIFOR et l’ICRAF ont convenu de fournir un appui permanent à des mesures visant à renforcer l’interaction professionnelle.

 

Une étude sur les usines de pâte suscite un large intérêt

Le rapport de Chris Barr, chercheur du CIFOR, intitulé “Profits de l’industrie papetière : économie politique des fibres, financement et endettement des industries indonésiennes de la pâte et du papier”, a été annoncé par un message POLEX, et largement commenté par les médias, y compris le service de nouvelles financières internationales Bloomberg. En conséquence, le CIFOR a reçu plus de 400 demandes pour ce document, dont beaucoup émanant d’en dehors de la clientèle habituelle du centre – le secteur financier. L’un des destinataires écrit : “Une organisation sans but lucratif fait le travail que Wall Street est supposé faire”.

Un certain nombre de lecteurs ont envoyé des commentaires déclarant que le rapport était très nécessaire et arrivait bien trop tard. Selon un spécialiste de l’industrie papetière à Singapour, il a fallu longtemps pour appréhender la valeur des subventions indirectes à l’industrie, les fonctions internes des flux de crédit à travers les banques des entreprises centrales, l’état changeant des surfaces de forêt et de plantations, et enfin le piège des dettes d’investissement.... J’ai été extrêmement impressionné par [votre] présentation de l’information, dont une partie m’a pris des années pour la réaliser”.

En décembre, le CIFOR a accueilli un forum ayant pour objet de discuter les résultats de la recherche entre un large éventail d’usagers des forêts. Parmi les participants on notait de hauts fonctionnaires de l’Agence de restructuration bancaire et des Ministères des Forêts, de l’Environnement et des Finances, ainsi que le Directeur général et deux autres hauts fonctionnaires du Ministère de l’Industrie et du Commerce. D’autres venaient de l’Association indonésienne des producteurs de pâte et papier, de banques et de sociétés boursières, de la communauté internationale des donateurs, d’organisations civiques et de groupes écologistes.

Un fait notable est qu’un porte-parole de la firme Asia Pulp and Paper, dont la situation est analysée dans le rapport, a participé à la réunion et a déclaré que sa société prenait les mesures nécessaires pour assurer que ses usines disposent d’amples approvisionnements en bois.

La rencontre s’est conclue sur un large accord sur le fait que l’Indonésie doit définir des politiques plus cohérentes sur la manière dont les usines de pâte du pays pourront se procurer suffisamment de matière première à partir de plantations forestières judicieusement aménagées. Il faudra aussi des mécanismes permettant aux institutions de financement et aux organes réglementaires de l’Etat d’évaluer les efforts de développement de plantations des sociétés papetières.

 

La lutte contre les feux : nouvelles conceptions

L’information spectaculaire sur les grands incendies de forêt de 1997-98 en Indonésie a attiré l’attention mondiale. Mais ce problème existe depuis bien plus longtemps, et remonte à des siècles en arrière. Rien que dans les deux dernières décennies, de grands incendies se sont produits également en 1982/1983, 1987, 1991 et 1994 - années de présence d’El Niño.

Les estimations de dommages ont suscité une prise de conscience et une inquiétude. Environ 9,7 millions d’hectares de terres boisées et autres ont brûlé en Indonésie lors des feux de 1997-98, touchant 75 millions de personnes et causant des pertes économiques estimées à plus de 9 milliards de dollars EU. Certains chercheurs ont déclaré que les émissions de bioxyde de carbone provenant de la combustion de la tourbe lors des incendies ont été si élevées, qu’elles ont fait de l’Indonésie l’un des plus grands pollueurs dans le monde.

Une équipe de chercheurs du CIFOR, du Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF) et du Service forestier des Etats-Unis continue d’analyser les feux et leurs effets, comme base pour la formulation de politiques et de réglementations spécifiques pour lutter contre ce fléau. S’inspirant des dernières conclusions ainsi que des résultats d’autres recherches, le projet révèle une image plus complète de l’emplacement des feux, qui les allume et pourquoi, et quels facteurs influent sur la nature des feux en différents endroits.

La méthodologie novatrice et multidisciplinaire combine la télédétection et les SIG avec des recherches approfondies en participation sur le terrain. Des images de satellite rassemblées par un certain nombre de projets de recherche dans la région fournissent une information sur l’emplacement, l’étendue et les types de terrains brûlés. Mais l’équipe CIFOR-ICRAF-USFS recherche aussi les causes profondes des incendies en étudiant leurs dimensions sociales. Les chercheurs ont interrogé de nombreux villageois et appliqué des techniques de “cartographie participative” sur huit sites à Sumatra et au Kalimantan, très touchés par les feux.

Les résultats à ce jour montrent que les causes des feux sont variées et complexes, ce qui exclut des remèdes simples ou universels. Les conflits sur la propriété et l’utilisation des terres sont un élément important du problème. Différentes coutumes d’utilisation du feu pour l’agriculture jouent également un rôle.

Les grands incendies ont été nombreux dans des zones où de vastes surfaces de terres sont converties en plantations. Il arrive parfois que la tourbe présente dans le sol des forêts de marécage côtier brûle pendant des mois après que les sociétés de plantation aient utilisé le feu pour défricher le sol. Mais elles ne sont pas les seuls auteurs de mise à feu. De nombreux habitants, notamment des transmigrants venus d’autres îles qui se sont établis dans la région dans l’espoir de meilleures perspectives économiques, utilisent également le feu pour défricher le sol en vue de cultures de rente, en particulier de cultures d’exportation lucratives. Selon Graham Applegate, chercheur du CIFOR, telle est la situation à Lampung, où des colons abattent en délit des arbres dans le Parc national de la région en vue de la plantation de caféiers.

Un emploi peu nocif du feu pour défricher le sol en vue de l’agriculture est pratiqué depuis des siècles. Mais les chercheurs ont constaté que le feu est utilisé maintenant également comme une arme. Certaines communautés ont délibérément allumé des feux pour se venger contre des sociétés de plantation et autres étrangers qui ont repris des terres traditionnellement utilisées pour l’agriculture et autres activités sans consulter ou dédommager la population locale. Dans certains cas, en particulier en conditions de sécheresse, les feux se sont étendus au delà des limites prévues. Le problème s’est aggravé lorsque le feu s’est étendu à des zones d’accès libre ou autres terrains où les communautés ont peu d’intérêt à lutter contre les feux, ou n’ont pas les moyens de le faire.

L’étude montre également que les coutumes traditionnelles sont également un facteur qui intervient. Dans certaines parties de Kalimantan, par exemple, les Dayak ont limité l’emploi du feu pour le défrichement durant les années d’El Niño propices à la sécheresse. Mais les colons transmigrants de Java et autres régions d’Indonésie ne se montrent pas toujours aussi prudents.

 

Etude par région : Afrique australe

Un modèle pour l’utilisation durable des forêts de miombo

Depuis 1998 le CIFOR travaille avec des chercheurs nationaux de cinq pays africains - Malawi, Mozambique, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe – dans un projet qui a pour objet de promouvoir une utilisation plus rationnelle des vastes ressources de forêts de miombo de la région.

Ces forêts se dégradent rapidement par suite de la demande humaine croissante. La croissance démographique est forte dans la région, et les réformes économiques dans certains pays rendent la vie plus dure pour la population locale, qui y fait face en partie en extrayant des produits forestiers pour sa propre consommation ou pour la vente.

Le projet d’aménagement de ces forêts claires, qui est financé par l’Union européenne, comprend trois volets : dispositions institutionnelles les plus appropriées pour un aménagement rationnel des forêts ; manière dont les diverses politiques en vigueur dans la région influent sur les communautés tributaires des forêts de miombo et sur la condition de celles-ci ; impact de l’exploitation industrielle sur la végétation forestière et sur les sols. Godwin Kowero, du Bureau régional du CIFOR à Harare (Zimbabwe), coordonne l’équipe scientifique de 30 chercheurs appartenant à 10 institutions de la région. En octobre 2000, ils se sont réunis à Arusha (Tanzanie) pour discuter de leurs dernières conclusions.

Dans leurs analyses d’orientation, les chercheurs concluent que de nombreux habitants sont fortement tributaires des forêts de miombo en raison d’un déséquilibre de pouvoirs – remontant à l’administration coloniale – qui n’a guère changé en dépit d’une tendance en Afrique australe à une plus grande maîtrise des populations locales sur les forêts et autres ressources naturelles. Les petits paysans pauvres restent confinés à un petit lopin de terre, qui se rétrécit avec le temps. En conséquence, ils n’ont pas les ressources nécessaires pour mettre à profit d’autres possibilités économiques qui leur permettraient d’être moins dépendants de la forêt. Les gouvernements d’après l’indépendance ont aggravé la situation en contrôlant les moyens de production, de distribution et de commercialisation ainsi que les prix.

Pour freiner le déboisement, les gouvernements nationaux devront introduire des mesures qui réduisent le large écart existant entre les petits agriculteurs et les propriétaires de grands domaines commerciaux, déclarent les chercheurs. Entre temps, ils suggèrent que l’agroforesterie pourrait être une bonne stratégie pour offrir aux petits agriculteurs d’autres perspectives économiques.

En accord avec la tendance à la décentralisation, de nombreux pays d’Afrique australe mettent en place des modalités administratives en vue de la gestion communautaire des ressources naturelles. Mais on constate de grandes différences dans le degré de contrôle local participatif des ressources qu’elles permettent réellement – et dans leur réussite. S’appuyant sur un large ensemble d’études de cas, les chercheurs déclarent que la gestion communautaire a des chances de bien fonctionner si les conditions suivantes sont réunies :

·           Il y a des ressources de grande valeur à préserver, telles qu’espèces animales protégées susceptibles d’attirer les touristes.

·           Les autorités locales ont un pouvoir réel.

·           La gestion est réellement communautaire, les pouvoirs étant dévolus aux habitants du lieu par l’intermédiaire d’un organe corporatif.

Un exemple réussi examiné par les chercheurs est celui de la Réserve forestière du village de Duru-Haitemba dans la région de Babati (Tanzanie). Divers facteurs contribuent à expliquer l’efficacité de la gestion locale. Cette forêt a des limites et des ressources bien définies, ainsi qu’un système élaboré pour assurer que tous les habitants bénéficient du plan d’aménagement des ressources. Il y a des dispositions qui régissent les choix collectifs, la résolution des conflits et le droit des propriétaires de concevoir des institutions qui ne soient pas contestées par les autorités étatiques.

Si les systèmes de gestion locale peuvent prendre de nombreuses formes différentes, soulignent les chercheurs, il est essentiel d’avoir de telles institutions en place. Ils ont constaté qu’une sorte de libre accès s’instaure souvent dans les zones où ne sont pas attribuées des forêts communautaires, ou bien où l’Etat a négligé d’aménager les forêts du domaine public, ce qui conduit à leur dégradation.

 

Développement des capacités pour la gestion des forêts de miombo

Pour l’équipe de base de 30 chercheurs nationaux engagés dans le projet d’aménagement des forêts de miombo, l’étude des problèmes concrets sur le terrain est un moyen d’accroître leur compétence dans ce domaine. En avril et mai, 24 chercheurs des pays d’Afrique australe où est réalisé le projet ont complété leur formation afin de renforcer leurs capacités d’analyse.

Dans leur travail actuel, les chercheurs nationaux s’efforcent de déterminer dans quelle mesure diverses politiques sectorielles, extra-sectorielles et macroéconomiques ont pu influer sur la gestion et sur les conditions des forêts de miombo. Mettant à profit une formation antérieure sur l’analyse de données, ils tinrent en 2000 deux séminaires qui leur ont fourni une expérience pratique dans l’emploi de diverses techniques de modélisation de facteurs multiples. Pour les exercices ils ont largement utilisé des données provenant du Zimbabwe, de Tanzanie, du Malawi et du Mozambique.

Les équipes d’étude des divers pays continueront de modifier et valider les divers modèles qu’ils ont élaborés. Pour se guider et se consulter dans leur travail, ils communiquent régulièrement par courrier électronique avec les deux consultants R. Sumaila de l’Université de Colombie Britannique, et I. Nhantumbo du Département des Forêts et de l’Université Eduardo Mondlane au Mozambique (maintenant à l’UICN à Maputo).

 

Des idées nouvelles sur les limites du pâturage

Les savanes de la région de miombo d’Afrique australe constituent d’importants terrains de parcours pour le bétail des agriculteurs, ainsi qu’une source de bois de feu et autres produits. Mais une équipe de chercheurs du CIFOR et d’autres institutions avertissent que de nouvelles politiques sur le pâturage pourraient ne pas être économiquement justifiées, et présenter des dangers écologiques supplémentaires pour la résilience des systèmes pastoraux.

Les nouvelles politiques, fondées sur ce que les spécialistes des ressources naturelles appellent “nouvelle science pastoraliste”, diffèrent des idées du passé sur la taille des troupeaux, en fonction de la capacité de charge écologique. La nouvelle approche, fondée sur une notion de non-équilibre de la dynamique pastorale, soutient que les pastoralistes ne doivent pas s’en tenir à une densité de pâturage unique et prudente, mais adopter une stratégie “opportuniste”, selon laquelle on laisse le nombre d’animaux fluctuer largement en réponse aux variations climatiques. En agissant ainsi, soutiennent les tenants de cette approche, on obtiendra un revenu économique plus élevé. En outre, ils proposent que des mécanismes soient mis en place pour suivre la variabilité écologique du système – acheter du bétail en périodes de sécheresse, et en vendre après la sécheresse.

Une équipe de chercheurs du CIFOR, de l’Institut d’études sur l’environnement de l’Université du Zimbabwe, du Centre de Shanduko pour la recherche agronomique et environnementale, et de l’Université d’Alberta au Canada conteste dans une étude récente ces nouvelles orientations. Utilisant des données provenant de prospections de terrain et de la littérature, ils ont construit un modèle de simulation sur 15 ans pour comparer l’économie de quatre scénarios de gestion du bétail, allant du pastoralisme traditionnel au scénario nouvellement préconisé.

Leur étude, intitulée “Comparaisons économiques de production animale sur des parcours collectifs du Zimbabwe”, décrit les analyses. Les résultats suggèrent que des stratégies fondées sur des taux de charge prudents donneraient une valeur actualisée nette supérieure à celles fondées sur des taux de charge “opportunistes”. L’étude ne fait pas ressortir en détail les coûts écologiques des différents scénarios, du fait du manque de données appropriées. Mais d’après leurs investigations, les chercheurs concluent que la dégradation écologique a des chances d’être plus forte avec la stratégie opportuniste.

Notant qu’il y a “relativement peu de nouvelle recherche empirique” sur la “nouvelle science pastoraliste”, ils mettent en garde les responsables en Afrique australe contre une adoption les yeux fermés de cette approche comme base de politiques d’utilisation des terres et de réforme agraire. Agir ainsi, déclarent-ils, pourrait encourager des modèles d’utilisation des ressources naturelles “impropres à assurer leur pérennité, et désastreux et irréversibles écologiquement”.

Etude par pays : Chine

En Chine, le bambou acquiert une importance croissante

L’importance de l’industrie du bambou en Chine a été multipliée par un facteur de 4 en seulement 15 ans, ce qui a entraîné des changements sociaux et économiques considérables. Depuis 1994, le CIFOR et des chercheurs de plusieurs instituts de recherche forestière de Chine mènent l’étude la plus approfondie jamais faite sur la production de bambou en Chine et sur son rôle à l’appui du développement rural. Les résultats se sont avérés si utiles, que les autorités chinoises consultent très souvent les chercheurs sur des questions d’orientation et sur les aspects techniques de la production de bambou.

Le projet devait se terminer en 2000. Mais les préoccupations croissantes au sujet des effets écologiques de l’expansion rapide du bambou ont amené à lancer une phase complémentaire de recherche pour étudier cette question. Un nouveau partenaire chinois, le Département des Sciences et de la Technologie de la province de Zhejiang, a rejoint le projet, qui vise à déterminer quelles interventions d’orientation permettront de poursuivre le développement économique fondé sur le bambou sans porter atteinte à l’environnement. Les conclusions ont des incidences multiples, en effet 5,6 millions de Chinois dépendent du secteur du bambou pour leur emploi à plein temps ou à temps partiel.

Cette nouvelle phase du projet s’appuie sur des recherches qui ont débuté dans les années 1990 dans le district d’Anji, dans le cadre d’une recherche plus large destinée à mieux comprendre la production, la transformation et la commercialisation du bambou dans différentes conditions. Un tiers environ de ce district montagneux, qui se situe dans la province de Zhejiang, est couvert de bambousaies, et près des deux-tiers des familles ont au moins quelques bambous plantés en mélange avec d’autres cultures.

Le bambou est souvent considéré comme un produit secondaire, comme “le bois du pauvre”. C’est pourquoi les chercheurs furent surpris de constater que la production de bambou dans le district d’Anji était en pleine expansion, jusqu’à 50 pour cent par endroits, ce qui procure à certains agriculteurs une relative aisance. La recherche permit de relier cette situation dynamique à une vague de réformes de politiques lancées en Chine depuis 1978, comprenant une réforme agraire, une libération du commerce et des mesures d'économie de marché. Les agriculteurs ont une plus grande liberté de décider de ce qu’ils doivent produire et en quelle quantité, tandis que de nouveaux investissements et une politique d’exportation ont stimulé la demande tant intérieure qu’internationale de produits du bambou.

Comparant cette situation avec celle de régions où les niveaux de réformes de politiques et de développement socioéconomique diffèrent, l’équipe de chercheurs a constaté qu’un facteur important déterminant la mesure dans laquelle la population locale bénéficie de la production de bambou est le type de produits qu’ils en tirent. En règle générale, les paysans chinois produisaient traditionnellement du bambou brut (en tiges) pour l’industrie papetière, entre les mains de l’Etat. A la suite de ces réformes, la production s’est diversifiée en de nombreux endroits, offrant des produits de plus grande valeur tels que pousses de bambou, procurant à certains ménages des revenus exceptionnellement élevés.

La forte demande de bambou et produits dérivés se maintiendra sans aucun doute. De récentes restrictions imposées par le gouvernement sur l’exploitation des forêts naturelles en Chine ont suscité des débouchés accrus pour les panneaux, parquets et autres matériaux de construction dérivés du bambou.

Pour tirer profit de ce boom, les habitants de certaines régions ont coupé des forêts naturelles et autres formations végétales pour planter des bambous. La plus grande partie des forêts de Chine se trouvant sur des versants, l’érosion a progressé. Le caractère de monoculture des plantations intensives de bambou, d’autre part, suscite des préoccupations croissantes au sujet de la perte de biodiversité, de l’emploi accru d’engrais, et autres risques écologiques. La dernière phase de la recherche étudiera les questions écologiques telles que celles-ci, et les réformes de politiques susceptibles d’y remédier.

Les conclusions du projet et d’autres études en Chine donnent un aperçu nouveau sur les grandes réformes intervenues depuis 1978 et leur impact sur les forêts du pays. Pour étudier la question plus à fond, le CIFOR co-organise un grand colloque sur le sujet, qui se tiendra en juin 2001 à Dujiangyan (province de Sichuan).

 

Etude par région : Amérique Latine

Amélioration des pratiques forestières en Amazonie brésilienne

L’Office brésilien de la recherche agricole (EMBRAPA) et le CIFOR sont engagés dans un projet qui a pour objet d’introduire de bonnes pratiques de gestion forestière, notamment l’exploitation forestière à faible impact, dans un secteur de l’Amazonie brésilienne. Le projet marqua une étape importante en juin 2000 lorsque les deux entreprises d’exploitation forestière participantes satisfirent aux conditions préliminaires pour être certifiées comme répondant aux exigences d’une gestion forestière durable. La certification définitive, attribuée par le Forest Stewardship Council, est attendue en 2001.

L’exploitation forestière est la principale activité économique en Amazonie brésilienne. On estime que quelque 2 500 entreprises d’exploitation forestière de toutes tailles opèrent dans la région, réduisant les forêts naturelles de 1,5 million d’hectares par an. Les pratiques d’exploitation en usage dans la région sont généralement destructrices pour la forêt environnante, et le Brésil offre peu d’exemples pratiques de bon aménagement de forêts tropicales. Le projet EMBRAPA-CIFOR a été lancé en vue d’élaborer des directives dans ce sens pour les entreprises d’exploitation forestière de moyenne et grande taille.

L’EMBRAPA et le CIFOR, travaillant avec d’autres institutions ainsi qu’avec des exploitants forestiers privés, prévoient de produire deux ensembles d’instruments à l’appui de la production forestière ordonnée : tout d’abord des instruments sylvicoles, tels que directives pour l’abattage et le débardage, traitements avant et après la coupe pour favoriser la régénération naturelle, et méthodes pour suivre la croissance et le rendement ; ensuite, des instruments de gestion, pour aider à la planification économique de l’exploitation rationnelle et pour suivre et contrôler l’ensemble des opérations forestières. Les effets économiques, écologiques et socio-culturels des diverses composantes seront évalués en comparaison des méthodes traditionnelles d’exploitation forestière.

Dans la phase actuelle du projet, deux exploitants forestiers brésiliens, Juruá Florestal Ltda. et Cikel Brasil Verde S.A., appliquent les techniques d’exploitation à faible impact mises au point pour l’Amazonie. Les méthodes sont en cours de validation par les entreprises partenaires, et le projet étudie un système de liste de contrôle pour évaluer la conformité avec les techniques prescrites. Les deux exploitants ont largement étendu l’emploi de techniques à faible impact au cours de l’année écoulée. Les opérations à faible impact de Juruá Florestal s’étendent maintenant sur près de 1 000 hectares, tandis que Cikel Brasil Verde a introduit ces techniques sur 5 000 hectares de forêt.

Entre temps, l’EMBRAPA, le CIFOR, et plusieurs institutions partenaires fournissent aux entreprises participantes une assistance technique et une formation sur le tas aux techniques d’exploitation à faible impact et autres pratiques sylvicoles.

Ils poursuivent d’autre part la mise au point d’instruments de suivi et de contrôle, fondés sur des critères et indicateurs, pouvant être utilisés par les entreprises forestières et les organismes officiels pour guider l’aménagement forestier rationnel. Un ensemble pratique de critères et indicateurs testé au cours des deux dernières années a été encore affiné en 2000, et est prêt pour validation en 2001.

 

Autorités locales et gestion des forêts au Nicaragua

La tendance à la décentralisation depuis une dizaine d’années est motivée en partie par le désir de donner aux communautés locales une plus grande maîtrise de leur administration et de leurs ressources. Elle a gagné la faveur également parce que certains gouvernements centraux la considèrent comme un moyen de partager la charge des services. Quels que soient les motifs, de nombreuses administrations d’Etats ; provinciales et locales ont acquis plus de pouvoir et assument davantage de responsabilités, notamment la maîtrise de la gestion forestière.

Comment s’en tirent-elles ? Après trois ans d’étude au Nicaragua, des chercheurs du CIFOR et de l'Institut Nitlapan de l'Université d'Amérique Centrale ont conclu que les résultats acquis étaient inégaux. Ils ont considéré les activités liées à la forêt dans 21 municipalités dans lesquelles les autorités locales assument un plus grand contrôle sur les forêts. Dans chaque cas, l’équipe de chercheurs a réuni des représentants d’organismes publics et privés pour discuter de ce qui se passe dans les forêts de la zone.

Les sites d’étude représentent une large gamme de conditions forestières. Les six premiers correspondent à des municipalités rurales qui forment la zone-tampon de la Réserve de la biosphère de Bosawas, dix autres sont situés dans les régions de León, de Chinandega et de Río San Juan. Les régions autour de León et de Chinandega sont en grande partie déboisées, et les autorités municipales s’intéressent surtout au reboisement, à la lutte contre les feux de forêt, et à la protection des mangroves côtières et des relictes de forêt entourant les volcans de la région. La région de Río San Juan, en revanche, a encore de grandes surfaces de forêts feuillues tropicales humides, de sorte que les autorités municipales sont plus préoccupées par l’exploitation forestière. En 2000, le travail s’est étendu aux forêts de pins de Nueva Segovia.

L’Institut Nitlapan a récemment publié un rapport résumé sur les principaux résultats des études, qui montre qu’il y a maintenant une meilleure coopération et une meilleure coordination entre les autorités municipales et les Ministères de l’Agriculture et de l’Environnement – mais qu’il reste beaucoup à faire pour accroître les avantages de la gestion locale.

La moitié environ des municipalités étudiées ont maintenant des commissions pour l’environnement, plusieurs ont édicté des ordonnances sur les forêts, et les pépinières forestières sont nombreuses, ainsi que les brigades municipales de reboisement et de lutte contre le feu. Un certain nombre de municipalités ont leur propre personnel pour les forêts et la protection de l’environnement. En règle générale les municipalités les plus grandes et les plus prospères ont progressé plus rapidement, de même que celles où des organisations civiques participent davantage à la gestion municipale.

D’autre part, la plus grande partie des municipalités de la zone d’étude continuent de s’intéresser davantage aux problèmes urbains. Certaines ont été directement impliquées dans des activités forestières illicites, d’autres n’ont montré que peu ou pas d’intérêt pour les questions d’environnement.

La Banque mondiale et d’autres organismes financent dans la région un certain nombre de projets ayant pour objet de renforcer l’administration par les municipalités rurales et d’accroître la protection de la forêt. Les conclusions des études menées par l’Institut Nitlapan et le CIFOR sont utiles pour mettre en forme ces projets, et sont également d’un grand intérêt pour le Ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles du Nicaragua.

 

La valeur de la biodiversité végétale

Selon l’Organisation mondiale de la santé, pour 80 pour cent de la population mondiale les plantes médicinales constituent la principale source de soins médicaux, notamment dans les pays en développement où se situe la plus grande concentration de biodiversité végétale. Pourtant cette précieuse connaissance ethnobotanique n’a fait l’objet que de peu d’études. De nombreuses espèces sont menacées d’extinction avant même que leurs vertus soient bien connues.

Au Pérou, où la moitié du territoire est couverte de forêts denses, le gouvernement cherche à tirer profit de la richesse botanique du pays en développant la production de médicaments tirés des plantes en vue des marchés mondiaux. Wil de Jong, chercheur du CIFOR, et deux collègues de l’Université agronomique La Molina, dans une étude récente qui a fait l’objet d’un important rapport, mettent en garde sur le risque que cette stratégie puisse porter préjudice à de nombreux habitants parmi les plus pauvres, et menacer la disponibilité à long terme de certaines plantes de grande importance. Une promotion dynamique des ventes de médicaments tirés des plantes sur les marchés mondiaux pourrait entraîner une hausse des prix intérieurs des médicaments, rendant difficile pour la population locale l’accès aux médecines traditionnelles.

Les industries pharmaceutiques de Lima ont un système traditionnel très informel pour se procurer les plantes dont elles ont besoin pour leur fabrication. Elles passent des commandes à des commerçants dans tous les centres urbains du pays, qui mobilisent la population locale pour récolter les plantes en forêt. Maintenant, s'efforçant de garantir des normes de qualité plus élevées et un approvisionnement régulier en matière première, le gouvernement a édicté des réglementations pour contrôler la production. Toutes les plantes vendues aux usines de Lima ou à des acheteurs étrangers doivent provenir de populations végétales certifiées et dûment aménagées. Et tous les médicaments à base de plantes vendus au public doivent être enregistrés, ce qui exige entre autres la preuve que des études sérieuses aient été faites pour déterminer l’efficacité du médicament.

L’obtention d’une certification serait impossible pour la plupart des récolteurs, ce qui priverait beaucoup de gens d’une importante source de revenus, note de Jong, qui a étudié la situation avec Walter Nalverte et Gilberto Domínguez. En outre, déclarent ces chercheurs, il manque dans les réglementations officielles des sauvegardes suffisantes pour prévenir la surexploitation de plantes dont la demande s’accroîtrait.

Au Brésil, le CIFOR est engagé dans une étude qui a pour objet de rassembler les connaissances locales au sujet de ressources végétales que les familles rurales tirent des forêts secondaires pour répondre à de nombreux besoins. Cette étude fait partie d’une recherche conjointe sur l’aménagement des forêts secondaires en vue de répondre à une variété de besoins élémentaires dans le nord-est du Pará, effectuée par EMBRAPA Amazonie orientale, la Faculté des Sciences agronomiques de l’Etat du Pará et le CIFOR. Le financement est fourni par PRODETAB, programme de la Banque mondiale et du Gouvernement du Brésil pour promouvoir le développement des technologies agricoles. Un manuel illustré des plantes locales utilisées comme médicaments et comme aliments sera finalement publié, à l’intention des agriculteurs et des agents de vulgarisation.

Ce travail est mené dans une communauté de petits agriculteurs dans la région de Bragantina, qui est l’une des plus anciennes zones de colonisation en Amazonie brésilienne. Les résultats préliminaires rapportés en 2000 ont fourni des données sur 192 espèces utiles poussant dans des peuplements de forêt secondaire âgés de 6 mois à 150 ans. Leurs principaux usages sont les médicaments, les aliments, l’artisanat, la chasse, la construction et autres besoins domestiques. Les plantes médicinales sont particulièrement recherchées. Deux d’entre elles appréciées pour leurs vertus curatives sont Psychotria colorata (Willd. Ex R.V.S.) Muell.Arg. (Rubiacées) et Dalbergia monetaria L. (Fabacées), localement connues respectivement sous les noms de “perpetua” et “verónica”. Cette dernière est largement utilisée par les femmes locales pour traiter les maladies du système reproductif.

 

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